Par le Dr Fabrizio Antonelli, Laboratory for analysis of the ancient materials (LAMA), Université de Venise (Institut universitaire d’architecture de Venise)

Les marbres blancs sont des matériaux particulièrement prisés depuis l’antiquité pour la statuaire, l’ornementation et l’architecture. Depuis une cinquantaine d’années, l’étude de nombreuses œuvres et des matériaux de carrière a permis de retracer l’histoire des grands centres d’extraction et de leur diffusion à travers le bassin méditerranéen. Dans ce but, une méthodologie basée sur des outils innovants a été développée qui permet de distinguer ces matériaux très semblables d’aspect pour déterminer leur provenance. Fabrizio Antonelli qui est l’un des grands spécialistes de l’étude de ces matériaux, présentera une synthèse historique de la diffusion et de l’utilisation des principaux marbres blancs, ainsi qu’à partir de quelques exemples choisis, les principaux types d’analyse (microscopie optique, isotopes stables, spectroscopie RPE, cathodoluminescence, inclusions fluides…) mis en œuvre pour l’étude de leur provenance (études archéométriques).


Intégralement financé par la fondation Getty, le programme de formation, dispensé en 3 session, a été élaboré par le Musée départemental de l’Arles antique, en association avec le CICRP.

Voir l’article Objectif Méditerranée de Janvier/Février 2017 [ici]



Journées d’études, 5 et 6 Juin 2014, Musée d’Histoire de Marseille

L’histoire maritime et portuaire se développe aujourd’hui en France de manière renouvelée sur l’ensemble du territoire. Les musées ont permis par le biais du patrimoine et des collections connectées aux sites, une familiarisation certaine des publics aux enjeux maritimes au sein d’approches multiples entre histoire et mémoire, entre production de connaissance et valorisation. Le cas des musées de cités portuaires est bien entendu central.

Le projet de ces journées d’étude, co-organisées par le musée d’histoire de Marseille et le Centre Interdisciplinaire de Conservation et de Restauration du Patrimoine avec le soutien de l’Université de Nantes, était d’interroger les pratiques contemporaines de conservation, de restauration et de valorisation des musées dans le cadre de cette problématique renouvelée. Marseille est en effet un exemple majeur de proposition muséographique récente qui met en avant à la fois la ville et son port dans une perspective de temps long et les problématiques de médiation et de connaissance les plus contemporaines grâce au numérique.

Télécharger la couverture [ici]

Télécharger les textes [ici]

Télécharger le cahier iconographique [ici]



Dans le cadre de son programme « BNP Paribas pour l’Art », la Fondation BNP Paribas s’engage aux côtés du musée Réattu d’Arles et du musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan afin d’accompagner deux campagnes de restauration.

Ces dernières concernent respectivement cinq grisailles réalisées par Jacques Réattu en 1795, tableaux monumentaux illustrant les idéaux révolutionnaires, conservés dans les réserves du musée depuis de nombreuses années ; et le retable de la Trinité réalisé par le Maître de la Loge de Mer de Perpignan en 1489.

Ces restaurations, réalisées au sein des ateliers du Centre Interdisciplinaire de Conservation et Restauration du Patrimoine, permettront de redonner à ces œuvres toute leur lisibilité.

Une fois restaurées, les grisailles seront à l’honneur lors de l’exposition temporaire consacrée à Jacques Réattu à Arles de septembre 2017 à janvier 2018 et regagneront ensuite le parcours des collections permanentes du musée. Le retable restauré regagnera les collections permanentes du musée d’art Hyacinthe Rigaud à l’automne 2016 et fera l’objet à l’été 2017 d’une exposition-dossier et d’une publication consacrée à sa restauration.

Télécharger le dossier de presse [ici]

Article du journal « L’estampille » [ici]

Article du journal « Les Echos » [ici]



Après trois années de restauration au CICRP, le Triptyque de Venasque avec son superciel aura rejoint, en janvier 2017, le musée du Petit Palais d’Avignon.

Cette œuvre acquise en 1844 par le musée Calvet reste relativement silencieuse sur son histoire. Remarquée en 1941 par Charles Sterling, l’œuvre est déjà jugée « très ruinée » mais à ses yeux, « elle représente une des plus belles réussite de l’école provençale ». Rien de surprenant alors de voir le tableau classé au titre des Monuments historiques la même année et restauré en 1942, quelque temps avant l’annexion de la zone libre par les troupes d’Occupation.

Une inondation devait fragiliser l’œuvre en 1988, affaiblissant le support de bois et la matière picturale. Il fallut attendre la décennie 2010 pour que sa restauration soit envisagée et programmée.

Monique Pomey et son équipe, Alice Moulinier et Séverine Padiolleau, ont restauré la partie peinte, Gilles Tournillon, le support et Philippe Duvieuxbourg, le cadre gothique.

Au cours de ce Parlons-en, Dominique Vingtain replacera cette œuvre dans son contexte historique. Elle évoquera l’importance d’une telle restauration dans l’environnement du musée et la perspective de diffusion des découvertes faites au cours de ce travail, en soulignant le caractère interdisciplinaire qui s’est établi entre le CICRP, la conservation du musée et les restaurateurs.

Sarah Boularand rendra compte de quelques aspects relatifs aux analyses de la matière qui permirent de faire des choix de restauration et d’apporter des informations sur la technique du maître provençal.

Gilles Tournillon, pour le support, ainsi que Monique Pomey et son équipe, pour la couche picturale, feront revivre cette restauration grâce à l’imagerie scientifique réalisée par Odile Guillon.

Compte tenu de la dégradation de l’œuvre et faute d’information sur la composition originale, le choix de la retouche demandait de rester humble dans le domaine de la réinterprétation des lacunes. La restauration ne permettant, dans ce cas, « qu’un rétablissement potentiel de l’œuvre » selon l’expression de Cesare Brandi, l’adoption d’une reconstitution visible de type tratteggio sera expliquée. Cette proposition visait, en effet, à reconstituer une continuité de lecture tout en permettant à un œil attentif de distinguer les parties reprises des parties authentiques.


Les albâtres

par

par Philippe Bromblet, ingénieur de recherche au CICRP ;

Pierre-Yves Le Pogam, conservateur en chef au Département des Sculptures du Musée du Louvre

 

L’albâtre gypseux est un matériau naturel blanc et tendre qui a été largement utilisé pour la sculpture et l’architecture. Depuis quelques années, le CICRP participe à des travaux de recherche associant le Musée du Louvre (département des sculptures, coordinateur actuel), le LRMH, l’Université de Versailles-Saint-Quentin, l’Université Pierre et Marie Curie, le BRGM pour déterminer la provenance des albâtres utilisés pour la sculpture au Moyen-Age et à la Renaissance en France.

A l’instar des marbres blancs pour lesquels on utilise les isotopes du carbone et de l’oxygène comme marqueurs, la méthodologie qui a été développée pour les albâtres est basée sur l’analyse des isotopes de soufre, de l’oxygène et du strontium. Des échantillons ont été prélevés dans les principales carrières d’albâtre connues en Europe (Angleterre, France, Espagne, Italie…). Les analyses ont montré que les albâtres ont des signatures isotopiques bien différentes selon la carrière échantillonnée. De nombreuses œuvres sculptées (statuaire du musée du Louvre, du musée du Petit Palais d’Avignon, autels, retables et éléments d’architecture de monuments de Franche-Comté, Savoie, Catalogne etc.) ont ensuite été échantillonnées et analysées pour en déduire, par comparaison, la carrière de provenance du matériau utilisé. La méthode s’est avérée très pertinente pour déterminer la provenance de l’albâtre de chaque œuvre. Elle a aussi permis d’identifier, à travers l’étude de cette sélection de sculptures, les principales sources d’approvisionnement, dont certaines étaient méconnues ou largement sous-estimées, et d’évaluer leurs aires de diffusion géographique respectives durant la période considérée.

Le nombre de place étant limité, merci de confirmer votre présence par courriel à l’adresse électronique suivante : info@cicrp.fr  CICRP 21, rue Guibal 13003 Marseille