L’ART URBAIN
(RE)CONNAISSANCE, VALORISATION ET PRISE EN COMPTE PATRIMONIALE

Journées internationales de formation / 12, 13 et 14 décembre 2018
Institut national du patrimoine – 2 rue Vivienne – 75002 Paris

Les institutions patrimoniales françaises et étrangères se saisissent de l’art urbain depuis plusieurs années, mais de quelle manière ?
En France, nombreuses sont les manifestations ponctuelles consacrées Continue reading


Après trois années de restauration au CICRP, le Triptyque de Venasque avec son superciel aura rejoint, en janvier 2017, le musée du Petit Palais d’Avignon.

Cette œuvre acquise en 1844 par le musée Calvet reste relativement silencieuse sur son histoire. Remarquée en 1941 par Charles Sterling, l’œuvre est déjà jugée « très ruinée » mais à ses yeux, « elle représente une des plus belles réussite de l’école provençale ». Rien de surprenant alors de voir le tableau classé au titre des Monuments historiques la même année et restauré en 1942, quelque temps avant l’annexion de la zone libre par les troupes d’Occupation.

Une inondation devait fragiliser l’œuvre en 1988, affaiblissant le support de bois et la matière picturale. Il fallut attendre la décennie 2010 pour que sa restauration soit envisagée et programmée.

Monique Pomey et son équipe, Alice Moulinier et Séverine Padiolleau, ont restauré la partie peinte, Gilles Tournillon, le support et Philippe Duvieuxbourg, le cadre gothique.

Compte tenu de la dégradation de l’œuvre et faute d’information sur la composition originale, le choix de la retouche demandait de rester humble dans le domaine de la réinterprétation des lacunes. La restauration ne permettant, dans ce cas, « qu’un rétablissement potentiel de l’œuvre » selon l’expression de Cesare Brandi, l’adoption d’une reconstitution visible de type tratteggio sera expliquée. Cette proposition visait, en effet, à reconstituer une continuité de lecture tout en permettant à un œil attentif de distinguer les parties reprises des parties authentiques.

 

Retrouvez le film documentaire de CNRS Images, « Peintures en pixels » sur la vidéothèque du CNRS : [ici]

 

 

 

 



Par le Dr Fabrizio Antonelli, Laboratory for analysis of the ancient materials (LAMA), Université de Venise (Institut universitaire d’architecture de Venise)

Les marbres blancs sont des matériaux particulièrement prisés depuis l’antiquité pour la statuaire, l’ornementation et l’architecture. Depuis une cinquantaine d’années, l’étude de nombreuses œuvres et des matériaux de carrière a permis de retracer l’histoire des grands centres d’extraction et de leur diffusion à travers le bassin méditerranéen. Dans ce but, une méthodologie basée sur des outils innovants a été développée qui permet de distinguer ces matériaux très semblables d’aspect pour déterminer leur provenance. Fabrizio Antonelli qui est l’un des grands spécialistes de l’étude de ces matériaux, présentera une synthèse historique de la diffusion et de l’utilisation des principaux marbres blancs, ainsi qu’à partir de quelques exemples choisis, les principaux types d’analyse (microscopie optique, isotopes stables, spectroscopie RPE, cathodoluminescence, inclusions fluides…) mis en œuvre pour l’étude de leur provenance (études archéométriques).


Intégralement financé par la fondation Getty, le programme de formation, dispensé en 3 session, a été élaboré par le Musée départemental de l’Arles antique, en association avec le CICRP.

Voir l’article Objectif Méditerranée de Janvier/Février 2017 [ici]



Dans le cadre de son programme « BNP Paribas pour l’Art », la Fondation BNP Paribas s’engage aux côtés du musée Réattu d’Arles et du musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan afin d’accompagner deux campagnes de restauration.

Ces dernières concernent respectivement cinq grisailles réalisées par Jacques Réattu en 1795, tableaux monumentaux illustrant les idéaux révolutionnaires, conservés dans les réserves du musée depuis de nombreuses années ; et le retable de la Trinité réalisé par le Maître de la Loge de Mer de Perpignan en 1489.

Ces restaurations, réalisées au sein des ateliers du Centre Interdisciplinaire de Conservation et Restauration du Patrimoine, permettront de redonner à ces œuvres toute leur lisibilité.

Une fois restaurées, les grisailles seront à l’honneur lors de l’exposition temporaire consacrée à Jacques Réattu à Arles de septembre 2017 à janvier 2018 et regagneront ensuite le parcours des collections permanentes du musée. Le retable restauré regagnera les collections permanentes du musée d’art Hyacinthe Rigaud à l’automne 2016 et fera l’objet à l’été 2017 d’une exposition-dossier et d’une publication consacrée à sa restauration.

Télécharger le dossier de presse [ici]

Article du journal « L’estampille » [ici]

Article du journal « Les Echos » [ici]


Les albâtres

par

par Philippe Bromblet, ingénieur de recherche au CICRP ;

Pierre-Yves Le Pogam, conservateur en chef au Département des Sculptures du Musée du Louvre

 

L’albâtre gypseux est un matériau naturel blanc et tendre qui a été largement utilisé pour la sculpture et l’architecture. Depuis quelques années, le CICRP participe à des travaux de recherche associant le Musée du Louvre (département des sculptures, coordinateur actuel), le LRMH, l’Université de Versailles-Saint-Quentin, l’Université Pierre et Marie Curie, le BRGM pour déterminer la provenance des albâtres utilisés pour la sculpture au Moyen-Age et à la Renaissance en France.

A l’instar des marbres blancs pour lesquels on utilise les isotopes du carbone et de l’oxygène comme marqueurs, la méthodologie qui a été développée pour les albâtres est basée sur l’analyse des isotopes de soufre, de l’oxygène et du strontium. Des échantillons ont été prélevés dans les principales carrières d’albâtre connues en Europe (Angleterre, France, Espagne, Italie…). Les analyses ont montré que les albâtres ont des signatures isotopiques bien différentes selon la carrière échantillonnée. De nombreuses œuvres sculptées (statuaire du musée du Louvre, du musée du Petit Palais d’Avignon, autels, retables et éléments d’architecture de monuments de Franche-Comté, Savoie, Catalogne etc.) ont ensuite été échantillonnées et analysées pour en déduire, par comparaison, la carrière de provenance du matériau utilisé. La méthode s’est avérée très pertinente pour déterminer la provenance de l’albâtre de chaque œuvre. Elle a aussi permis d’identifier, à travers l’étude de cette sélection de sculptures, les principales sources d’approvisionnement, dont certaines étaient méconnues ou largement sous-estimées, et d’évaluer leurs aires de diffusion géographique respectives durant la période considérée.

Le nombre de place étant limité, merci de confirmer votre présence par courriel à l’adresse électronique suivante : info@cicrp.fr  CICRP 21, rue Guibal 13003 Marseille


 

Dans le cadre de l’accord Ministère de la Culture et de la Communication et du CNRS, a été constitué un LABoratoire COMmun (LABCOM) comprenant l’UMR CNRS/MCC 3495 MAP (Modèles et simulations pour l’Architecture et le Patrimoine) et le CICRP.

 

A cet effet l’axe 1 a été reformulé en « Modèles et méthodes d’analyse du patrimoine architectural et culturel » et enrichi  d’une nouvelle thématique :

B – Conservation préventive, conservation curative et restauration du patrimoine culturel coordonnée par le CICRP, prenant en compte l’enrichissement des méthodologies d’études par l’expérimentation sur des objets et œuvres patrimoniaux ainsi que par l’interprétation des questionnements formulés par les scientifiques et les professionnels de la conservation du patrimoine.

 

Axe 1, thématique B – Conservation préventive, conservation curative et restauration du patrimoine culturel

B1 la connaissance matérielle des biens culturels par l’usage de moyens d’investigation non destructifs et la fusion de données multi sources – documentation, imagerie scientifique, analyse des matériaux – et leurs représentations

 

B2 l’interaction entre les biens culturels, leur matérialité et l’environnement où ils sont placés, les paramètres environnementaux pouvant être structurels – climat, localisation, – ou conjoncturels – pollution, éclairage, exposition, gestion, public. Les processus de démocratisation  et d’accroissement du tourisme culturel constituent un enjeu majeur pour la conservation des biens culturels et entrainent des exigences accrues en conservation préventive et en conservation-restauration.

 

B3 le développement d’outils de modélisation des mécanismes de dégradations afin d’appréhender l’évolution matérielle du bien culturel dans le temps, confronté à son environnement ou suite à des interventions sur le bien. Les compétences de l’équipe scientifique du CICRP et l’utilisation partagée de l’instrumentation  scientifique d’analyse, de vieillissement et de modélisation du CICRP et du MAP constituent un appui technique conséquent au service de la conservation des biens culturels. Il sera envisageable de mettre en place des programmes de simulation visant, sur la base des modélisations, à introduire un caractère prédictif dans l’évaluation des besoins en conservation-restauration des biens culturels en fonction des degrés d’urgence mieux identifiés.