Couleur sous lumière noire – Application du LEDµSF (spectrofluorimètre portable à LED) à l’étude des peintures anciennes

Par le Dr Aurélie Mounier

IRAMAT-CRPAA – Institut de Recherche sur les ArchéoMATériaux – UMR 5060 CNRS / Université Bordeaux Montaigne – Centre de Recherche en Physique Appliquée à l’Archéologie

La fluorescence sous UV est depuis longtemps exploitée pour examiner les objets du patrimoine culturel, notamment pour révéler des repeints, des ajouts postérieurs ou les matériaux organiques. Récemment dans le cadre de nos recherches, elle a été utilisée pour localiser les traces d’anciens décors métalliques, aujourd’hui disparus, au sein des peintures murales médiévales.

Les spectrofluorimètres disponibles sur le marché ne permettent pas de travailler sur certaines œuvres fragiles du patrimoine (peintures de chevalet, manuscrits médiévaux,…) pour lesquels l’échantillonnage est interdit et leur déplacement vers les laboratoires, impossible. Un appareil portable à LED a donc été développé à l’IRAMAT-CRP2A1 en collaboration avec l’ISM2 pour l’identification des pigments et liants dans les peintures.

La légèreté, le caractère non invasif et mobile du LEDµSF3 ouvrent un champ d’étude important vers les objets de musée. La faible puissance des LED et la sensibilité de capteur  garantissent l’innocuité de la méthode à l’égard des objets fragiles. Dans le cadre de ce « Parlons-en », l’histoire du développement de ce nouvel outil sera illustrée d’applications (enluminures médiévales, estampes Japonaises…) montrant son intégration dans l’arsenal des méthodes d’analyse traditionnellement employées, dont elle est complémentaire en particulier pour l’analyse des composés organiques.

 

1 Institut de Recherche sur les ArchéoMATériaux, Centre de Recherche en Physique Appliquée à l’Archéologie, UMR 5060 CNRS – Université Bordeaux Montaigne, Maison de l’Archéologie, Esplanade des Antilles, 33607 PESSAC, France.

2 Institut des Sciences Moléculaires, UMR 5255 CNRS – Université de Bordeaux, Bâtiment A12, Université de Bordeaux, 351 Cours de la Libération, 33405 Talence.

3 Brevet déposé en France à l’INPI le 24/12/14 (FR 1463318) et extension à l’international le 23/12/15 (PCT/FR2015/053744).

 

Le nombre de place étant limité, merci de confirmer votre présence par courriel à l’adresse électronique suivante : info@cicrp.fr  


Par le Dr Fabrizio Antonelli, Laboratory for analysis of the ancient materials (LAMA), Université de Venise (Institut universitaire d’architecture de Venise)

Les marbres blancs sont des matériaux particulièrement prisés depuis l’antiquité pour la statuaire, l’ornementation et l’architecture. Depuis une cinquantaine d’années, l’étude de nombreuses œuvres et des matériaux de carrière a permis de retracer l’histoire des grands centres d’extraction et de leur diffusion à travers le bassin méditerranéen. Dans ce but, une méthodologie basée sur des outils innovants a été développée qui permet de distinguer ces matériaux très semblables d’aspect pour déterminer leur provenance. Fabrizio Antonelli qui est l’un des grands spécialistes de l’étude de ces matériaux, présentera une synthèse historique de la diffusion et de l’utilisation des principaux marbres blancs, ainsi qu’à partir de quelques exemples choisis, les principaux types d’analyse (microscopie optique, isotopes stables, spectroscopie RPE, cathodoluminescence, inclusions fluides…) mis en œuvre pour l’étude de leur provenance (études archéométriques).


Après trois années de restauration au CICRP, le Triptyque de Venasque avec son superciel aura rejoint, en janvier 2017, le musée du Petit Palais d’Avignon.

Cette œuvre acquise en 1844 par le musée Calvet reste relativement silencieuse sur son histoire. Remarquée en 1941 par Charles Sterling, l’œuvre est déjà jugée « très ruinée » mais à ses yeux, « elle représente une des plus belles réussite de l’école provençale ». Rien de surprenant alors de voir le tableau classé au titre des Monuments historiques la même année et restauré en 1942, quelque temps avant l’annexion de la zone libre par les troupes d’Occupation.

Une inondation devait fragiliser l’œuvre en 1988, affaiblissant le support de bois et la matière picturale. Il fallut attendre la décennie 2010 pour que sa restauration soit envisagée et programmée.

Monique Pomey et son équipe, Alice Moulinier et Séverine Padiolleau, ont restauré la partie peinte, Gilles Tournillon, le support et Philippe Duvieuxbourg, le cadre gothique.

Au cours de ce Parlons-en, Dominique Vingtain replacera cette œuvre dans son contexte historique. Elle évoquera l’importance d’une telle restauration dans l’environnement du musée et la perspective de diffusion des découvertes faites au cours de ce travail, en soulignant le caractère interdisciplinaire qui s’est établi entre le CICRP, la conservation du musée et les restaurateurs.

Sarah Boularand rendra compte de quelques aspects relatifs aux analyses de la matière qui permirent de faire des choix de restauration et d’apporter des informations sur la technique du maître provençal.

Gilles Tournillon, pour le support, ainsi que Monique Pomey et son équipe, pour la couche picturale, feront revivre cette restauration grâce à l’imagerie scientifique réalisée par Odile Guillon.

Compte tenu de la dégradation de l’œuvre et faute d’information sur la composition originale, le choix de la retouche demandait de rester humble dans le domaine de la réinterprétation des lacunes. La restauration ne permettant, dans ce cas, « qu’un rétablissement potentiel de l’œuvre » selon l’expression de Cesare Brandi, l’adoption d’une reconstitution visible de type tratteggio sera expliquée. Cette proposition visait, en effet, à reconstituer une continuité de lecture tout en permettant à un œil attentif de distinguer les parties reprises des parties authentiques.


Les albâtres

par

par Philippe Bromblet, ingénieur de recherche au CICRP ;

Pierre-Yves Le Pogam, conservateur en chef au Département des Sculptures du Musée du Louvre

 

L’albâtre gypseux est un matériau naturel blanc et tendre qui a été largement utilisé pour la sculpture et l’architecture. Depuis quelques années, le CICRP participe à des travaux de recherche associant le Musée du Louvre (département des sculptures, coordinateur actuel), le LRMH, l’Université de Versailles-Saint-Quentin, l’Université Pierre et Marie Curie, le BRGM pour déterminer la provenance des albâtres utilisés pour la sculpture au Moyen-Age et à la Renaissance en France.

A l’instar des marbres blancs pour lesquels on utilise les isotopes du carbone et de l’oxygène comme marqueurs, la méthodologie qui a été développée pour les albâtres est basée sur l’analyse des isotopes de soufre, de l’oxygène et du strontium. Des échantillons ont été prélevés dans les principales carrières d’albâtre connues en Europe (Angleterre, France, Espagne, Italie…). Les analyses ont montré que les albâtres ont des signatures isotopiques bien différentes selon la carrière échantillonnée. De nombreuses œuvres sculptées (statuaire du musée du Louvre, du musée du Petit Palais d’Avignon, autels, retables et éléments d’architecture de monuments de Franche-Comté, Savoie, Catalogne etc.) ont ensuite été échantillonnées et analysées pour en déduire, par comparaison, la carrière de provenance du matériau utilisé. La méthode s’est avérée très pertinente pour déterminer la provenance de l’albâtre de chaque œuvre. Elle a aussi permis d’identifier, à travers l’étude de cette sélection de sculptures, les principales sources d’approvisionnement, dont certaines étaient méconnues ou largement sous-estimées, et d’évaluer leurs aires de diffusion géographique respectives durant la période considérée.

Le nombre de place étant limité, merci de confirmer votre présence par courriel à l’adresse électronique suivante : info@cicrp.fr  CICRP 21, rue Guibal 13003 Marseille


La restauration du tableau  du Martyre de Saint Paul attribué à  Boeyermans, dans la restauration des grands formats d’Aix-en-Provence

par

  • Jean Fouace, responsable du pôle scientifique au CICRP ;
  • Brigitte Lam, conservatrice du patrimoine ;
  • Thierry Martel et Danièle Amoroso, conservateurs-restaurateurs du  patrimoine ;
  • Nicolas Bouillon, ingénieur d’études au CICRP
theodor-boeyermans_le_martyre_de_saint_paul_ensemble_face_apres_restauration_photo_e-hubert                                                                                                                                      Theodor Boeyerman, Le martyre de Saint Paul, Ensemble face, après restauration – Photo : E. Hubert

L’année 2016 aura vu la fin de la restauration du tableau attribué à Boeyermans, Le martyre de Saint Paul de 5,53 m x 3, 58 m, commencée en 2014 par Danièle Amoroso et Thierry Martel. Cette œuvre, destinée à reprendre place dans l’église de la Madeleine d’Aix-en-Provence, a été attribuée tour à tour à Boeyermans, Gaspar de Crayer et même Rubens.

L’objet de ce Parlons-en consistera à montrer les choix adoptés pour la restauration tant sur le plan du support que de la couche picturale. Brigitte Lam, conservatrice du patrimoine à Aix-en-Provence, précisera le contexte de restauration de ce tableau dans la programmation des restaurations de la ville d’Aix-en-Provence et l’histoire de l’œuvre.  Thierry Martel et Danièle Amoroso, conservateurs-restaurateurs du patrimoine, nous feront pénétrer au cœur de la restauration en évoquant les réflexions suscitées par cette restauration, les choix adoptés et la manière d’y parvenir.

Au cours de ce travail, cette œuvre monumentale a pu bénéficier de l’assistance et d’une étude scientifique du CICRP de la part de Nicolas Bouillon et Sarah Boularand, ingénieurs d’études au CICRP.  La restauration de l’œuvre a livré une matière abîmée et permis de restituer l’esprit de la composition qu’une interprétation dans la restauration du XIXe siècle avait contribué à transformer.

Si sur le plan esthétique cette peinture est une découverte, on peut espérer que la restauration offrira aux historiens d’art les moyens d’en  préciser la main.

Le nombre de place étant limité, merci de confirmer votre présence par courriel à l’adresse électronique suivante : info@cicrp.fr

CICRP – 21, rue Guibal – 13003 Marseille


Par Aude Poinsot, F. Cherblanc, P. Bromblet, M. Bagnéris et V. Mercurio

25 Juin 2015 à 13 h 30

La collection du Musée d’Alba (MuséAl) comprend une statue masculine monumentale tronquée en marbre blanc, découverte en 1992 dans la cella du temple axial du sanctuaire de Bagnols. Datée de la fin du Ier siècle, début du IIème après J.-C., elle représente certainement un empereur héroïsé. Elle est destinée à devenir la pièce maîtresse de la collection du musée.

Cependant, le soclage de cette statue fracturée nécessite la prise en compte de contraintes techniques et esthétiques complexes. Une étude approfondie et pluridisciplinaire (conservateur, conservateur/restaurateur, archéologue, historien, scientifiques du CICRP et du MAP/Gamsau) a donc été engagée sous l’égide d’Aude Poinsot, Directrice du musée, en intégrant un constat d’état détaillé, la revue critique des solutions de soclage existantes, des mesures de vitesses du son couplées à un modèle 3D par photogrammétrie et des simulations de comportement mécanique.
Plusieurs scénarios de soclage ont été testés sur maquette.

L’ensemble de cette étude sera présenté à l’occasion de ce parlons-en.

 

Inscription à : info@cicrp.fr