Journées d’études, 5 et 6 Juin 2014, Musée d’Histoire de Marseille

L’histoire maritime et portuaire se développe aujourd’hui en France de manière renouvelée sur l’ensemble du territoire. Les musées ont permis par le biais du patrimoine et des collections connectées aux sites, une familiarisation certaine des publics aux enjeux maritimes au sein d’approches multiples entre histoire et mémoire, entre production de connaissance et valorisation. Le cas des musées de cités portuaires est bien entendu central.

Le projet de ces journées d’étude, co-organisées par le musée d’histoire de Marseille et le Centre Interdisciplinaire de Conservation et de Restauration du Patrimoine avec le soutien de l’Université de Nantes, était d’interroger les pratiques contemporaines de conservation, de restauration et de valorisation des musées dans le cadre de cette problématique renouvelée. Marseille est en effet un exemple majeur de proposition muséographique récente qui met en avant à la fois la ville et son port dans une perspective de temps long et les problématiques de médiation et de connaissance les plus contemporaines grâce au numérique.

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Après trois années de restauration au CICRP, le Triptyque de Venasque avec son superciel aura rejoint, en janvier 2017, le musée du Petit Palais d’Avignon.

Cette œuvre acquise en 1844 par le musée Calvet reste relativement silencieuse sur son histoire. Remarquée en 1941 par Charles Sterling, l’œuvre est déjà jugée « très ruinée » mais à ses yeux, « elle représente une des plus belles réussite de l’école provençale ». Rien de surprenant alors de voir le tableau classé au titre des Monuments historiques la même année et restauré en 1942, quelque temps avant l’annexion de la zone libre par les troupes d’Occupation.

Une inondation devait fragiliser l’œuvre en 1988, affaiblissant le support de bois et la matière picturale. Il fallut attendre la décennie 2010 pour que sa restauration soit envisagée et programmée.

Monique Pomey et son équipe, Alice Moulinier et Séverine Padiolleau, ont restauré la partie peinte, Gilles Tournillon, le support et Philippe Duvieuxbourg, le cadre gothique.

Au cours de ce Parlons-en, Dominique Vingtain replacera cette œuvre dans son contexte historique. Elle évoquera l’importance d’une telle restauration dans l’environnement du musée et la perspective de diffusion des découvertes faites au cours de ce travail, en soulignant le caractère interdisciplinaire qui s’est établi entre le CICRP, la conservation du musée et les restaurateurs.

Sarah Boularand rendra compte de quelques aspects relatifs aux analyses de la matière qui permirent de faire des choix de restauration et d’apporter des informations sur la technique du maître provençal.

Gilles Tournillon, pour le support, ainsi que Monique Pomey et son équipe, pour la couche picturale, feront revivre cette restauration grâce à l’imagerie scientifique réalisée par Odile Guillon.

Compte tenu de la dégradation de l’œuvre et faute d’information sur la composition originale, le choix de la retouche demandait de rester humble dans le domaine de la réinterprétation des lacunes. La restauration ne permettant, dans ce cas, « qu’un rétablissement potentiel de l’œuvre » selon l’expression de Cesare Brandi, l’adoption d’une reconstitution visible de type tratteggio sera expliquée. Cette proposition visait, en effet, à reconstituer une continuité de lecture tout en permettant à un œil attentif de distinguer les parties reprises des parties authentiques.


La restauration du tableau  du Martyre de Saint Paul attribué à  Boeyermans, dans la restauration des grands formats d’Aix-en-Provence

par

  • Jean Fouace, responsable du pôle scientifique au CICRP ;
  • Brigitte Lam, conservatrice du patrimoine ;
  • Thierry Martel et Danièle Amoroso, conservateurs-restaurateurs du  patrimoine ;
  • Nicolas Bouillon, ingénieur d’études au CICRP
theodor-boeyermans_le_martyre_de_saint_paul_ensemble_face_apres_restauration_photo_e-hubert                                                                                                                                      Theodor Boeyerman, Le martyre de Saint Paul, Ensemble face, après restauration – Photo : E. Hubert

L’année 2016 aura vu la fin de la restauration du tableau attribué à Boeyermans, Le martyre de Saint Paul de 5,53 m x 3, 58 m, commencée en 2014 par Danièle Amoroso et Thierry Martel. Cette œuvre, destinée à reprendre place dans l’église de la Madeleine d’Aix-en-Provence, a été attribuée tour à tour à Boeyermans, Gaspar de Crayer et même Rubens.

L’objet de ce Parlons-en consistera à montrer les choix adoptés pour la restauration tant sur le plan du support que de la couche picturale. Brigitte Lam, conservatrice du patrimoine à Aix-en-Provence, précisera le contexte de restauration de ce tableau dans la programmation des restaurations de la ville d’Aix-en-Provence et l’histoire de l’œuvre.  Thierry Martel et Danièle Amoroso, conservateurs-restaurateurs du patrimoine, nous feront pénétrer au cœur de la restauration en évoquant les réflexions suscitées par cette restauration, les choix adoptés et la manière d’y parvenir.

Au cours de ce travail, cette œuvre monumentale a pu bénéficier de l’assistance et d’une étude scientifique du CICRP de la part de Nicolas Bouillon et Sarah Boularand, ingénieurs d’études au CICRP.  La restauration de l’œuvre a livré une matière abîmée et permis de restituer l’esprit de la composition qu’une interprétation dans la restauration du XIXe siècle avait contribué à transformer.

Si sur le plan esthétique cette peinture est une découverte, on peut espérer que la restauration offrira aux historiens d’art les moyens d’en  préciser la main.

Le nombre de place étant limité, merci de confirmer votre présence par courriel à l’adresse électronique suivante : info@cicrp.fr

CICRP – 21, rue Guibal – 13003 Marseille


 

Dans le cadre de l’accord Ministère de la Culture et de la Communication et du CNRS, a été constitué un LABoratoire COMmun (LABCOM) comprenant l’UMR CNRS/MCC 3495 MAP (Modèles et simulations pour l’Architecture et le Patrimoine) et le CICRP.

 

A cet effet l’axe 1 a été reformulé en « Modèles et méthodes d’analyse du patrimoine architectural et culturel » et enrichi  d’une nouvelle thématique :

B – Conservation préventive, conservation curative et restauration du patrimoine culturel coordonnée par le CICRP, prenant en compte l’enrichissement des méthodologies d’études par l’expérimentation sur des objets et œuvres patrimoniaux ainsi que par l’interprétation des questionnements formulés par les scientifiques et les professionnels de la conservation du patrimoine.

 

Axe 1, thématique B – Conservation préventive, conservation curative et restauration du patrimoine culturel

B1 la connaissance matérielle des biens culturels par l’usage de moyens d’investigation non destructifs et la fusion de données multi sources – documentation, imagerie scientifique, analyse des matériaux – et leurs représentations

 

B2 l’interaction entre les biens culturels, leur matérialité et l’environnement où ils sont placés, les paramètres environnementaux pouvant être structurels – climat, localisation, – ou conjoncturels – pollution, éclairage, exposition, gestion, public. Les processus de démocratisation  et d’accroissement du tourisme culturel constituent un enjeu majeur pour la conservation des biens culturels et entrainent des exigences accrues en conservation préventive et en conservation-restauration.

 

B3 le développement d’outils de modélisation des mécanismes de dégradations afin d’appréhender l’évolution matérielle du bien culturel dans le temps, confronté à son environnement ou suite à des interventions sur le bien. Les compétences de l’équipe scientifique du CICRP et l’utilisation partagée de l’instrumentation  scientifique d’analyse, de vieillissement et de modélisation du CICRP et du MAP constituent un appui technique conséquent au service de la conservation des biens culturels. Il sera envisageable de mettre en place des programmes de simulation visant, sur la base des modélisations, à introduire un caractère prédictif dans l’évaluation des besoins en conservation-restauration des biens culturels en fonction des degrés d’urgence mieux identifiés.

 

 

 

 


En Février 2014 le CICRP a accueilli avec les Archives Municipales de Marseille les 2èmes Rencontres de l’Inccaf (International Network for the Conservation of Contempory Art France) consacrées à « Documentation techniques – Techniques de documentation ».

Les communications viennent d’être publiées.

Pour tout renseignement : groupe.inccaf@gmail.com

 


Synthèse et présentations de la conférence sur les enduits en ciment naturel du 21/05/15 au Musée d’Histoire de Marseille

Depuis 2003, le groupe Vicat est membre du Cercle des Partenaires du Patrimoine et trois programmes de recherche ont été menés dans le cadre de ce partenariat avec pour objet une meilleure connaissance du patrimoine en ciment naturel. Les deux premiers se sont intéressés plus particulièrement à l’utilisation du ciment naturel à partir du 19ème siècle en Rhône-Alpes. Le 3ème programme, dont les résultats ont été restitués lors de ce colloque, s’est focalisé sur le patrimoine en ciment naturel à Marseille. Ces derniers travaux réalisés localement en collaboration avec le Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP), ont permis de faire progresser la connaissance sur l’histoire du développement de ce matériau dans le contexte marseillais, sur les typologies d’immeubles et les pathologies récurrentes et ont apporté d’importantes informations sur les propriétés physicochimiques et microstructurales de ces matériaux.

http://cicrp.info/wp-content/uploads/2015/10/synthèse_cimentnaturel_Marseille.pdf

 


FiatLux : Fusion d’ImAgerie et suivi Temporel pour L’étude de peintUres à géométrie compleXe
Projet interdisciplinaire « Défi Imag’In ». 2015-2017

Le projet « Fiat Lux » vise à articuler des compétences en analyse et traitement d’images, physique des rayonnements, physico-chimie des matériaux et spatialisation 3D d’informations, autour de la documentation numérique pour la conservation des peintures du patrimoine. Il a pour but de fusionner des images et des informations produites par diverses techniques analytiques de terrain et de rendre possible la spatialisation de ces informations ainsi que le suivi de leur évolution dans le temps. Ces informations concernent aussi bien la morphologie de panneaux de peintures sur bois, de peintures murales que des données sur les matériaux (nature, localisation dans les couches picturales…). Une approche multi-échelle (du centimètre au micromètre) des données combinées sera aussi intégrée à cette fusion qui doit s’appuyer sur un référentiel géométrique commun. Les œuvres étudiées dans le cadre de ce projet sont :
– Retable de la Trinité (École catalane attribué au maître de Canapost , XVe siècle, daté 1489, Musée Hyacinthe Rigaud, Perpignan)
– Retable de Venasque, Saint Pierre entouré de Saint Maurice et Sainte Marthe (École d’Avignon, XVe Siècle, Musée du Petit Palais, Avignon (dépôt du musée Calvet))
– Chapelle Notre-Dame des Fontaines, La Brigue

Coordination : MAP-CICRP (L. de Luca, J.-M. Vallet)
Autre partenaires : École Nationale des Sciences Géographiques (ENSG, Paris), Laboratoire Électronique, Informatique et Image (LE2I, Dijon), Laboratoire d’Archéologie Moléculaire et Structurale (LAMS, Paris), Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF, Paris)/ Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques (LRMH, Champs sur Marne)
Le site web : http://www.fiatlux.gamsau.archi.fr


Par Aude Poinsot, F. Cherblanc, P. Bromblet, M. Bagnéris et V. Mercurio

25 Juin 2015 à 13 h 30

La collection du Musée d’Alba (MuséAl) comprend une statue masculine monumentale tronquée en marbre blanc, découverte en 1992 dans la cella du temple axial du sanctuaire de Bagnols. Datée de la fin du Ier siècle, début du IIème après J.-C., elle représente certainement un empereur héroïsé. Elle est destinée à devenir la pièce maîtresse de la collection du musée.

Cependant, le soclage de cette statue fracturée nécessite la prise en compte de contraintes techniques et esthétiques complexes. Une étude approfondie et pluridisciplinaire (conservateur, conservateur/restaurateur, archéologue, historien, scientifiques du CICRP et du MAP/Gamsau) a donc été engagée sous l’égide d’Aude Poinsot, Directrice du musée, en intégrant un constat d’état détaillé, la revue critique des solutions de soclage existantes, des mesures de vitesses du son couplées à un modèle 3D par photogrammétrie et des simulations de comportement mécanique.
Plusieurs scénarios de soclage ont été testés sur maquette.

L’ensemble de cette étude sera présenté à l’occasion de ce parlons-en.

 

Inscription à : info@cicrp.fr