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Diagnostics non destructifs des peintures sur bois

Début du programme : 201­7

CICRP : Nicolas Bouillon (pilote), Emilie Hubert-Joly, Odile Guillon, Fanny Bauchau

Partenariats : MAP-Gamsau, Laboratoire GRESPI/ECATHERM Université de Reims, LRMH

La conservation des peintures sur bois reste aujourd’hui une problématique particulièrement complexe, a fortiori pour les œuvres conservées dans les monuments historiques qui subissent régulièrement d’importantes variations climatiques. Les changements de température, mais surtout d’humidité, dans l’environnement des œuvres et à l’intérieur du support bois peuvent engendrer des déformations et mener à des désordres structurels importants et par conséquent, à une dégradation parfois irréversible de la couche picturale.


Dans ce contexte, les nouvelles techniques de diagnostic non destructif (imagerie multi-spectrale, techniques interférométriques, suivi des déformations par photogrammétrie) sont de plus en plus utilisées, pour caractériser et suivre l’évolution des altérations.


En 2017 et 2018, plusieurs techniques de diagnostic non destructif ont ainsi été expérimentées sur le Retable de la Crucifixion de Louis Bréa. Dans le cadre du LABCOM CICRP-MAP, une modélisation photogrammétrie 3D haute résolution du panneau central de l’œuvre a été réalisée. Les objectifs étaient d’une part, d’obtenir une caractérisation géométrique des altérations du retable, et d’autre part d’agréger au modèle 3D de l’œuvre les données de l’étude scientifique sous forme d’annotations sémantiques spatialisées par le biais de la plateforme numérique Aïoli, développée par le MAP, en collaboration avec le CICRP.


Parallèlement, des essais de thermographie infrarouge stimulée, effectués sur le retable en collaboration avec l’Université de Reims Champagne-Ardenne ont démontré la faisabilité et le potentiel de cette technique pour la caractérisation des altérations de la couche picturale (soulèvement) et de la structure du support bois (veinage et défauts internes).


Des éprouvettes de peinture sur bois, réalisées par une restauratrice en 2019, ont été analysées en 2020, au cours d’un stage de Master 2 Recherche de 5 mois, en collaboration avec l’université de Reims Champagne-Ardenne. Il s’agissait d’évaluer l’influence des paramètres structurels (nature du support bois, composition et épaisseur de la préparation, nature du pigment de la couche colorée, présence d’une couche de vernis) sur le profil thermographique.


En 2021, un second stage de Master 2 Recherche de 6 mois est envisagé pour poursuivre les travaux de 2020. Il s’agira notamment d’affiner le traitement des données acquises par l’utilisation du logiciel IR-Explorer – développé par le laboratoire Grespi-Ecatherm – et de mener une étude comparative des résultats obtenus par différentes stimulations thermiques (source halogène et lampe céramique).